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Revues sur l'assassinat

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Sortie aux USA du film "JFK"
Vendredi 20 décembre 1991

En résumé...

3 messages

Dawn
Mercredi 3 mars 2004 à 22h34 #10091 Modification de ce message Citer ce message
Afin de permettre à tous les visiteurs (peut-être pas ou peu experts en ce qui concerne l'affaire JFK) de comprendre les événements du 22 novembre 1963 et l'enquête qui a suivi, j'ai pensé qu'un résumé (bien écrit et objectif) trouvé sur internet pourrait être utile ici, le voici :


L' ASSASSINAT DE JOHN KENNEDY

Citation : "Il est extrêmement difficile de conserver le secret absolu dans une affaire où le nombre de personnes concernées dépasse deux".
Jean-Michel Beau


John Kennedy fut le 35ème président des Etats-Unis élu en 1960 en battant in extremis le républicain Richard Nixon par le plus petit écart électoral de l'Histoire des USA (si l'on excepte évidemment l'épisode tragi-comique du duel Bush-Gore en 2000). Premier catholique à exercer le poste suprême, sa personnalité ne laissait pas indifférent : ou bien on l'admirait pour son charisme qui était réel ou bien on le détestait pour ses options politiques mais il ne laissait en général pas indifférent. En 1963, désireux d'être réélu et conscient que son bilan politique en trois ans restait assez moyen, il se lança dans une très longue campagne électorale. Ses conseillers lui avaient proposé de porter ses efforts sur les Etats du sud où les Démocrates (en Europe, on dirait la gauche) étaient moins populaires que les Républicains (la droite).

En novembre 1963, John Fitzgerald Kennedy se retrouve dans un Etat où la situation du parti démocrate est particulièrement délicate : le Texas, un des fiefs du parti républicain.

Le 22 novembre 1963, John Kennedy débarque en compagnie de son atout charme sa femme Jacqueline Bouvier à Dallas, une ville où il fait l'objet de vives critiques et même de menaces à peine voilées.

Le petit prince maudit de l'Amérique allait y rencontrer son destin.

DALLAS, 22 NOVEMBRE 1963, 12H30

Ce jour-là, il faisait beau et doux à Dallas. Hélas, devrait-on écrire car s'il avait plu, rien peut-être ne se serait passé.

A la descente de l'avion Air Force One, John Kennedy et son épouse prennent place à l'arrière d'une somptueuse limousine Ford Lincoln décapotée vu les conditions climatiques favorables. Devant eux se trouvent le gouverneur du Texas John Connally et sa femme. La voiture est pilotée par un agent du Secret service (terme que l'on aurait tort de traduire littéralement par Service secret. Il s'agit en fait d'un service de protection du Président). La Limousine est suivie par un important cortège de voitures officielles.

John Kennedy doit traverser une grande partie de la ville à vitesse réduite pour se rendre à une réception officielle, l'idéal pour saluer la foule qui se presse le long du parcours. Les habitants de Dallas lui réservent un accueil généreux, ce qui ne manque pas d'étonner le couple présidentiel.

Vers 12H30, le cortège arrive sur Dealey Plaza, quasiment en fin de parcours. Soudain, plusieurs coups de feu éclatent (Trois? Quatre? Plus?). Kennedy est touché à la tête, le gouverneur Connally est aussi blessé. Emmenés à l'hôpital Parkland, les médecins tentent l'impossible pour sauver le Président mais ils doivent rapidement constater le décès de l'homme le plus puissant du monde. Les chirurgiens parviendront par contre à sauver Connally.

Sur les lieux de l'attentat, la confusion est complète. Des témoins affirment que les tirs sont partis d'un immeuble situé derrière la limousine, d'autres moins nombreux indiquent une butte gazonée entourée d'une barrière en bois se trouvant devant le cortège au moment des détonations. La police boucle le quartier et s'intéresse particulièrement au Texas School Book Depository (TSBD), un immeuble servant de dépôt de livres scolaires et d'où des tirs sont, semble-t-il, partis. Au cinquième étage du TSBD (sixième niveau pour les Américains), les policiers de Dallas découvrent une carabine italienne et trois douilles. Très vite et assez bizarrement, une description très vague (homme blanc, trentaine, 1m80) d'un homme vu à la fenêtre de cet étage est communiquée aux patrouilles de la police de Dallas. Vers 13H15, dans un quartier éloigné de plusieurs kilomètres des lieux du crime, un agent de police du nom de Tippit remarque un homme qui correspond au signalement. Il tente de le contrôler mais l'homme sort un revolver et le tue. Plus tard, à proximité, un homme fort nerveux pénètre dans une salle de cinéma sans payer. La police est avertie et pénètre en force dans le cinéma. Non sans mal, les policiers arrêtent un homme armé. Son nom deviendra célèbre dans le monde entier : Lee Harvey Oswald.

Emmené au commisariat, les choses vont prendre rapidement une mauvaise tournure pour Oswald. Interrogé sur la mort de Tippit et de Kennedy, il nie en restant très maître de lui. Il va d'abord être inculpé du meurtre de l'agent Tippit. Ensuite, il sera longuement interrogé sur l'assassinat de JFK car de lourdes charges pèsent sur lui. Employé au dépôt de livres, il s'y trouvait au moment de l'assassinat. Les policiers ont également la preuve que le fusil retrouvé avait été commandé par Oswald sous un faux nom. La police va également avoir accès aux dossiers de Lee Harvey Oswald détenus par différents services. On découvre que Oswald est un ancien militaire qui séduit par les thèses marxistes a trouvé un moment refuge en URSS. Oswald y travailla quelques années dans une usine à Minsk et y épousa une jeune femme. Par la suite, déçu du communisme, il revint aux Etats-Unis accompagné de sa femme. Cela ne l'empêcha pas de garder une certaine sympathie pour la philosophie extrémiste de gauche et d'afficher publiquement son appui pour Castro. Mais devant la presse, Oswald persiste à nier et lâche cette phrase sibylline : "Je suis un bouc-émissaire".

Le 23 novembre, le procureur et ses services inculpent officiellement Oswald de l'assassinat du Président des Etats-Unis. Oswald qui, notons-le, n'a toujours pas pu bénéficier de l'assistance d'un avocat.

Le lendemain, Oswald doit être transféré à la prison de Dallas. Entouré par de nombreux policiers et devant une meute de journalistes, Oswald doit traverser tout d'abord le parking souterrain de la police. Soudain, un homme bondit devant lui et lui tire une balle dans le ventre. Les policiers se jettent sur le tireur pour l'immobiliser. Ils sont pour le moins surpris : l'homme qui vint de tirer est une de leur vieille connaissance, Jack Ruby un propriétaire de boîtes de strip-tease. Transporté à l'hôpital Parkland, Oswald y décède en emportant son secret. Sommé de s'expliquer sur son geste fatal, Ruby explique avoir simplement voulu venger la mort du Président de manière impulsive et dans un moment de folie.

LE RAPPORT WARREN

Inutile de préciser qu'après cette succession d'événements tragiques, l'Amérique est sous le choc. Certes, ce n'est pas la première fois qu'un président américain est assassiné. Mais ici le peuple américain ne comprend pas que le président qui devait être extrêment bien protégé soit si facilement abattu et que son assassin présumé ait subi le même sort. C'est une situation véritablement scandaleuse qui doit être absolument éclaircie. Le nouveau président Lyndon Johnson promet une commission d'enquête. Elle sera confiée à un homme respecté et respectable : Earl Warren, président de la Cour suprême des Etats-Unis. Warren et ses collaborateurs vont être confronté à trois hypothèses : un complot extérieur aux USA, un complot intérieur ou un acte commis par un déséquilibré isolé. Dès le départ, la commission va être confrontée à un terrible dilemme : Kennedy abattu par les communistes (Soviétiques ou Cubains), les Américains n'avaient comme choix qu'une riposte militaire débouchant probablement sur une troisième guerre mondiale. Les Soviétiques étant d'ailleurs en alerte nucléaire craignant qu'on les accuse de l'assassinat. S'il s'agissait d'un complot intérieur, la confiance dans les institutions américaines aurait été ébranlée et le pays aurait été confronté à une très grave crise politique et institutionnelle. La Commission Warren n'avait donc pas le choix : il fallait que l'assassinat de Kennedy soit l'oeuvre d'Oswald, un tireur isolé.

La commission Warren via les services du FBI et de la CIA entendra des centaines de témoins, prendra connaissance des rapports balistique et d'autopsie et visionnera une copie du film tourné par un amateur, Abraham Zapruder, qui a filmé par hasard la scène du crime.

Après plusieurs mois d'une enquête parfois bâclée, la Commission Warren rendra public son rapport. Ses conclusions seront simples : Oswald, un déséquilibré pro-communiste agissant seul, a assassiné le Président, Jack Ruby a tué Oswald pour des raisons personnelles, il n'y a pas eu de complot pour assassiner John Kennedy. Les Américains pouvaient dormir tranquilles.

L'HOMME AU PARAPLUIE, LES TROIS CLOCHARDS ET THE BLACK DOG MAN

Dès la publication de ce rapport, les Américains sentirent comme un soulagement. L'assassinat de Kennedy était l'oeuvre d'un fanatique. Mais l'Amérique, n'en déplaise à certains, reste la plus grande démocratie du monde et des voix discordantes se sont faites entendre. Pendant des dizaines d'années, des chercheurs, des enquêteurs privés, des avocats, des journalistes vont s'attaquer aux faiblesses du rapport Warren en pointant du doigt ses lacunes, ses omissions et ses failles. Ils arriveront à la conclusion que JFK fut bel et bien la victime d'un complot.

Selon ces "conspirationnistes", le principal point faible du rapport consistait dans l'interprétation balistique du drame. La Commission avait conclu que Lee Harvey Oswald avait tiré trois balles : une balle qui rata sa cible mais blessa indirectement un témoin, une balle dont la trajectoire semblait impossible et qui fut surnommée la "balle magique". La balle magique toucha Kennedy dans le dos, resortit par sa gorge puis continua sa trajectoire en causant trois blessures au gouverneur Connally. Cette balle fut retrouvée ensuite pratiquement intacte sur une civière à l'hôpital Parkland. La dernière balle, la balle mortelle, atteignit John Kennedy à la tête. Mais en examinant le film Zapruder (qui ne fut rendu public qu'en 1975), on voit très bien qu'au moment de l'impact la tête de Kennedy est violemment projetée vers l'arrière comme si le tir provenait de l'avant. Cela nécessitait évidemment la présence d'un second tireur. Et que dire alors de l'impact d'une balle retrouvé sur le pare-prise de la Lincoln?

En examinant les autres documents pris sur Dealey Plaza le 22 novembre 1963 (films, photos), les chercheurs trouveront d'autres éléments troublants venant conforter la théorie du complot. Sur l'agrandissement d'une photo, on peut voir sur le monticule herbeux une ombre qui sera appelée the black dog man car elle ressemble à un chien assis. Quasiment au même endroit, on a vu également une tâche qui une fois analysée laissait apparaître la silhouette d'un policier semblant tenir un fusil (the badge man). Il faut rester cependant prudent avec ce genre d'analyses car l'interprétation y joue un grand rôle.
Sur le film d'Abraham Zapruder (encore lui!) et sur d'autres photos, on voit un homme tenant un parapluie ouvert. C'est un fait étrange car le soleil était radieux ce jour-là. Beaucoup d'enquêteurs parallèles ont pensé que l'homme au parapluie donnait un signal au(x) tireur(s). Un auteur a même imaginé que ce parapluie était une arme tirant une fléchette empoisonnée sur le Président...

On sait aussi que la police de Dallas interpella trois clochards dont on s'est longtemps interrogé sur l'identité. Certains ont reconnu en eux des agents de la CIA. Mais après vérifications des dossiers de la police, ces trois clochards furent identifiés : ils étaient bel et bien des clochards qui se trouvaient là par hasard.

La personnalité de Jack Ruby suscita aussi de nombreuses interrogations. Il était difficile de croire que Ruby ait agi simplement par amour pour les Kennedy et pour éviter à Jacky d'assister un procès qui s'annonçait pénible pour elle. Le plupart des observateurs eurent la conviction que Ruby avait tué Oswald pour l'empêcher de faire des révélations. Ruby qui était déjà omniprésent durant ces trois jours de novembre 1963. Au moment de l'attentat, il se trouvait à proximité de Dealey Plaza dans un immeuble d'où il avait une vue parfaite sur le TSBD. Après l'attentat, certains témoins affirmeront l'avoir vu à l'hôpital Parkland. Durant la garde à vue d'Oswald, Ruby se trouvait au milieu des journalistes. Il semblerait aussi que vu ses activités professionnelles, Ruby fréquentait des milieux interlopes dont des proches de Jimmy Hoffa, un syndicaliste mafieux. Ruby fut condamné à mort en 1964 après un procès étrange où Accusation et Défense s'affrontèrent sur l'état mental de Ruby au moment de son crime sans jamais donner l'impression de vouloir connaître véritablement le but exact de Ruby. Jack Ruby mourut d'un cancer en 1967. A la fin de sa vie, lorsque son état physique mais aussi mental se dégradaient considérablement, il accusa sans vraiment le nommer le nouveau Président Johnson d'avoir organisé l'assassinat.

Pour tous les chercheurs, le doute n'était plus permis. Il y avait plusieurs tireurs et Kennedy fut la victime d'un complot. La grosse majorité des auteurs pensent qu'il y avait deux tireurs : un dans le TSBD et un autre sur le monticule herbeux qui toucha Kennedy à la tête. D'autres penchent pour un nombre supérieur de tireurs qui se seraient trouvés dans un autre immeuble proche du TSBD, sur un pont de chemin de fer voire même dans une bouche d'égoût.

QUI?

Si réellement un complot est à l'origine de la mort de Kennedy, on peut écrire sans se tromper que les suspects sont nombreux.

La thèse de l'élimination de Kennedy par la mafia conserve des partisans. Il a toujours été dit que la mafia avait aidé le clan Kennedy à remporter les élections présidentielles de 1960. En contre-partie, une fois élu, John Kennedy devait laisser les mains libres à l'organisation criminelle. Or, une fois à la Maison-Blanche, Kennedy nomma son frère Robert à la tête du Ministère de la Justice. Robert Kennedy allait mener une lutte impitoyable contre le crime organisé. L'honorable société se serait vengée en organisant l'assassinat. Certains boss mafieux se sont d'ailleurs vanté en privé d'avoir eu la peau de Kennedy.

Fidel Castro fut aussi montré du doigt. Cuba était devenu un véritable danger pour la sécurité des Etats-Unis comme la fameuse crise des missiles l'a démontré. Les gouvernements américains vont tout tenter pour renverser le régime marxiste de La Havane. John Kennedy lui-même ordonna à plusieurs reprises à la CIA d'assassiner Castro par tous les moyens. Sans résultats vu que Fidel Castro continue à voir défiler les présidents américains. Fidel Castro savait évidemment que Kennedy voulait l'éliminer. Quelques semaines avant le 22 novembre 1963, Castro déclarait que "si l'on me menace, je suis aussi capable de menacer".

Les Soviétiques aussi figurent en bonne place dans la liste des coupables potentiels. Après la grave crise des missilles de Cuba, les Soviétiques se sentirent humiliés d'avoir perdu leur bras de fer contre Kennedy. Il n'est donc pas impossible que certains cerveaux du KGB et du Soviet Suprême eurent l'idée de tuer Kennedy dans un simple souci de vengeance. Une curieuse affaire d'espionnage est venu conforter cette théorie. En 1964, un officier du KGB du nom de Nosenko passa à l'ouest et offrit ses services aux Américains. La CIA, méfiante au départ, reçut des informations ultra-secrètes qui une fois recoupées s'avéreront exactes. Par hasard, Nosenko était l'officier du KGB qui s'occupa du dossier de Lee Harvey Oswald quand celui-ci s'installa à Minsk. Interrogé sur Oswald, Nosenko va déclarer que jamais celui-ci ne fut engagé par les services secrets russes et qu'il n'y eu même jamais de contact entre Oswald et le KGB. Le FBI finit cependant par découvrir que Nosenko n'était qu'un agent d'intoxication. Pourquoi donc les Soviétiques se donnèrent-ils tant de mal pour démontrer qu'ils n'avaient aucun lien avec Oswald?

Les opposants au régime de Fidel Castro étaient probablement ceux qui avaient le plus envie de se débarrasser de Kennedy. Lorsque avec l'appui de la CIA, les anticastristes tentèrent de débarquer à Cuba afin d'y mener une tentative de renversement de Castro (la Baie des Cochons), ils espérèrent en vain un appui militaire direct demandé au président américain. Mais Kennedy refusa et la tentative de putsch se termina par un fiasco. Des éléments anticastristes auraient donc voulu venger leurs camarades tués ou retenus prisonniers en assassinant celui qu'ils considéraient à tort ou à raison comme le principal responsable de l'échec de l'opération.

Depuis le film JFK d'Oliver Stone, la thèse de l'assassinat organisée par des agents de la CIA avec l'appui du lobby de l'industrie militaire est devenue très tendance. Pour les conspirationnistes, la CIA, une organisation très puissante, était la mieux placée pour éliminer Kennedy avec qui les relations étaient très tendues. Les moyens dont elles disposent expliqueraient les diverses anomalies constatées par certains chercheurs : disparition de certains témoins, photos d'autopsie truquées, manipulation de l'autopsie,...

D'autres furent également accusés d'avoir commandité l'attentat du 22 novembre 1963 : le vice-président Lyndon Johnson, l'extrême-droite américaine, les pétroliers texans ou encore les services secrets israéliens.

Mais après quatre décennies d'enquêtes parallèles, les éléments de preuve suffisants du complot manquent encore cruellement.

THESES ETRANGES ET ETRANGES THEORIES

Rien qu'en langue anglaise, plusieurs centaines d'ouvrages consacrés à l'assassinat du président Kennedy furent publiés, ce qui correspond pratiquement à autant de théories différentes.
Certains chercheurs ont cependant proposé des théories peu orthodoxes dont certaines frisent souvent la fantaisie.

On va le voir, l'imagination est au pouvoir.

- JFK souffrait de graves problèmes de santé. Se sachant condamné par la médecine, il aurait lui-même mis au point son assassinat afin de laisser sa trace dans l'histoire.
- Le journal France-Dimanche a un jour publié des photos prises de loin sur une île grecque d'un homme dans une chaise roulante. Cet homme était sensé être Kennedy qui n'aurait été que grièvement blessé en novembre 63. Totalement handicapé, il aurait été recueilli par Aristote Onassis, le second mari de Jacqueline Bouvier.
- Dans son ouvrage Mortal error, Bonnar Menninger affirme après une étude balistique poussée que la balle mortelle fut tirée par erreur par l'un des gardes du corps du Président.
- Dans un livre paru en 1989, l'écrivain James Reston affirme quant à lui que la véritable cible de Lee Harvey Oswald était en fait le gouverneur John Connally avec qui il aurait eu un différent. Dans cette optique, on peut dire que si Oswald visait Connaly, il fut prodigieusement... maladroit. Par contre, on peut dire aussi que si Oswald visait Kennedy, il fut prodigieusement... adroit!
- Dans un ouvrage auto-édité, un auteur californien liait à l'assassinat à la mise au point par la CIA dans ses laboratoires d'un virus destiné à éliminer Castro entre autres. Ce virus se serait répandu ensuite par erreur dans le monde. Son nom : le SIDA.
- Un autre auteur, après avoir examiné attentivement le film Zapruder, arriva à la conclusion que la balle mortelle fut tirée par le chauffeur de la Limousine présidentielle. En effet, en visionnant le film image par image, on peut voir le chauffeur se retourner. On a même l'impression qu'il tient en main un objet brillant (une arme?). C'est à ce moment précis que le Président est touché à la tête. C'est assez étonnant à constater. Mais pourquoi donc l'agent Greer aurait-il abattu celui qu'il devait protéger? Il aurait reçu cet ordre d'un mystérieux gouvernement occulte du nom de Mj12 qui voulait empêcher Kennedy de dévoiler la présence d'ovnis et d'extra-terrestres sur notre planète.
- Dans une théorie reprise en son temps par le Nouvel Observateur, les auteurs de l'assassinat seraient trois Français recrutés pour la cause par la mafia américaine. L'un de ces trois individus était déjà soupçonné d'avoir assassiné un policier bruxellois dans les années 50.
- D'autres encore ont imaginé que Lee Oswald avait un sosie au rôle trouble. Cette théorie prit même une ampleur considérable à un point tel que le corps d'Oswald fut déterré pour analyse.

LES CONTRE-ENQUETES OFFICIELLES

Le premier à remettre en cause officiellement la conclusion du rapport Warren fut le procureur de la Nouvelle-Orléans Jim Garrison. En recueillant les témoignages d'individus douteux dont un toxicomane, Garrison découvrit que Lee Harvey Oswald fréquentait le même immeuble que des individus clairement opposés à Fidel Castro. Garrison découvrit que ces hommes étaient liés à la CIA. Le Procureur imagina alors que l'Agence avait préparé l'assassinat du Président. Il parvint même à déférer devant un tribunal l'homme d'affaires Clay Shaw que Garrison présenta comme le cerveau de l'assassinat. Mais les charges retenues contre Shaw furent considérées comme insuffisantes pour ne pas dire inexistantes et Clay Shaw fut acquitté.

En 1975, devant la pression de l'opinion publique, le pouvoir législatif américain décida de créer une commission d'enquête sur les assassinats de John Kennedy, de Robert Kennedy et de Martin Luther King. Cette commission d'enquête, la House Select Committee on Assassinations (HSCA), travailla pendant trois années et arriva en ce qui concerne l'assassinat de John Kennedy à des conclusions surprenantes. Après avoir procédé à l'audition d'une bande sonore enregistrée au moment de l'attentat depuis une moto de la police de Dallas, le HSCA conclut qu'il y avait eu quatre tirs. Trois tirs (dont la balle magique et la balle léthale) venant du dépôt de livres et un tir provenant du fameux tertre gazonné. Mais ce tir rata le Président... Le HSCA démontra cependant que puisqu'il y avait deux tireurs, il y avait complot. La commission pensait que la mafia était à l'origine de l'assassinat. Quelques années plus tard, l'Académie des Sciences des USA (dont l'impartialité ne peut être mise en doute) analysa à nouveau ce document sonore et déclara qu'il ne prouvait pas l'existence de quatre coups de feu...

LA THEORIE DU TIREUR ISOLE

Une majorité d'Américains ne croient pas aux conclusions de la Commission Warren. Pourtant, il existe des auteurs qui après avoir analysé sérieusement le dossier ont conclu que Lee Harvey Oswald était le seul et unique coupable. On citera par exemple les travaux du juriste G.Posner qui est généralement considéré comme quelqu'un de sérieux aux Etats-Unis.

Plusieurs éléments en effet sont défavorables à Oswald.

1. Oswald travaillait au TSBD et s'y trouvait le jour de l'assassinat.
2. Le fusil utilisé pour tirer sur Kennedy appartenait à Oswald et on retrouva ses empreintes sur les cartons entourant l'endroit où se trouvait le tireur.
3. Il est absolument certain que trois coups ont été tiré depuis le cinquième étage du dépôt de livres. Des témoins qui se trouvaient à la fenêtre située juste en-dessous ont clairement entendu les trois détonations ainsi que le bruit des douilles éjectées tombant sur le sol.
4. Oswald quitta précipitamment le dépôt de livres.
5. On a souvent écrit que Lee Harvey Oswald était un piètre tireur. Or, lors de son interpelation, on trouva sur lui une médaille de très habile tireur des Marines.
6. Oswald visait la tête du Président. Il rata une fois sa cible, toucha une fois le Président dans le dos et une salle balle atteignit la tête du Président. Ce qui grosso modo ne fait qu'un taux de réussite de 50%.

Ces éléments ne constituent qu'un faisceau de présomption et certainement pas des preuves absolues. Il est difficile d'imaginer comment se serait passé le procès de Lee Harvey Oswald. Mais un bon avocat aurait pu peut-être démontrer son innocence. Mais Jack Ruby est venu mettre un terme à tous les scénarios de justice-fiction...

Depuis, les experts continuent à s'affronter. En visionnant le film Zapruder, les experts ont déclaré à l'époque que les trois balles auraient dû être tirées en six secondes environ ce qui semblait appartenir au domaine de l'impossible ou presque. Cependant les techniques modernes ont permis de digitaliser le film et de le projeter à sa vitesse exacte. On observe alors que les trois balles ont été tirées en 9 secondes.
Mais le point sur lequel les experts ne sont pas en accord reste la trajectoire des balles. Déjà, les expertises commandées par la Commission Warren démontraient que la trajectoire de la balle magique était tout à fait possible bien que fort inattendue. Mieux même, en 1976, le prix Nobel de Physique Luis Alvarez analysa le mouvement de la tête de Kennedy au moment de l'impact de la balle fatale. Il démontra que le premier mouvement de la tête était vers l'avant. Le mouvement suivant (vers l'arrière) serait dû à un reflexe neurologique. Ce tir, selon Alvarez, venait donc bien de l'arrière comme le démontre d'ailleurs les photos de l'autopsie. Cependant, tous les experts ne sont du même avis. La bataille des experts va sans aucun doute continuer encore longtemps. (voir à ce propos [ Lien Web ])

JFK, 40 ANS APRES

A l'approche du quarantième anniversaire (vu les circonstances, il serait préférable de parler de commémoration) de la mort de JFK, les esprits se sont à nouveau mis à s'échauffer. La chaîne de télévision américaine ABC par exemple a diffusé un reportage où après avoir analysé avec les moyens technologiques les plus modernes les différents éléments du dossier (photos, rapports,...) ABC tire comme conclusion que Lee Harvey Oswald était l'unique tireur. Une hypothèse largement partagée par le frère de l'assassin présumé. Mais quel crédit peut-on apporter aux médias américains qui semblent avoir perdu le plus élémentaire sens critique et paraissent totalement muselés par les gardiens du temple gouvernemental?

En langue française, deux ouvrages méritent qu'on s'y arrêtent : Les nouvelles preuves de l'assassinat de J.F. Kennedy par Caroline Lebeau et le dernier témoin par William Reymond.

Commençons par esprit de clocher et par galanterie par le livre de Caroline Lebeau une jeune Liégeoise qui se présente comme journaliste d'investigation alors qu'elle ne possède en fait qu'un simple diplôme d'aide-comptable. Son livre est préfacé par un certain Hugues Mondrian (alias Hugo Nhart) un auteur prolixe qui a déjà consacré une enquête sur le "complot" qui mis fin à la vie de la princesse Lady Di et sur les ovnis, un autre thème où les amateurs voient aussi des complots un peu partout.
Comme la plupart des autres auteurs, Caroline Lebeau affirme que John Kennedy fut la victime d'une vaste conspiration. Caroline Lebeau y accuse George Bush Senior d'avoir trempé dans l'assassinat du Président. A l'appui elle publie une photo sensée représenter George Bush à Dallas le 22 novembre 1963. Ce document (comme toutes les autres photographies du livre) a été capturée sur Internet et est donc de qualité médiocre. En outre, l'éventuelle présence de G.H. Bush sur Dealey plaza ne constitue en rien une preuve. Autre "preuve"apportée par Mlle Lebeau : l'analyse du film Zapruder réalisée par un ancien policier belge qui y a vu des choses qu'il est malheureusement le seul à avoir vu... Pour se rendre un peu crédible, Caroline Lebeau a été jusqu'à affirmer que durant son enquête, elle fut l'objet de menaces et d'intimidations et qu'elle dû faire appel à une société privée de gardiennage pour assurer sa sécurité.

Tout cela n'a finalement aucun intérêt.

Beaucoup mieux charpenté est l'enquête du journaliste français William Reymond présenté comme l'ouvrage définitif sur la plus grande affaire du XXième siècle. Mais est-il pour autant plus crédible?
William Reymond a passé de longues heures à interroger un certain Billie Sol Estes, un milliardaire ruiné et véritable escroc qui a longtemps fréquenté le cercle financier très fermé du parti démocrate et de Lyndon Johnson en particulier. Estes affirme que l'assassinat de Kennedy fut personnellement ordonné par le vice-président Lyndon Johnson. L'exécuteur des basses-oeuvres serait un dénommé Mac Wallace, un homme de main de Lyndon Johnson. La seule preuve apportée par Estes et reprise par Reymond est une cassette audio où l'on entend un collaborateur de Johnson déclarer :"Johnson n'aurait pas dû donner à Wallace l'ordre de tuer le Président". Cela reste assez faible comme argumentation. Cependant, un élément reste troublant. En novembre 1963, une empreinte inconnue fut retrouvée sur les cartons du cinquième étage du dépôt de livres. Un expert affirme que cette empreinte fut déposée au moment de l'assassinat et qu'elle appartient sans aucun doute à Mac Wallace. William Reymond écrit également qu'un thanatopracteur fut employé pour camoufler les blessures à la tête de Kennedy. Le journaliste tente ici mollement et sans beaucoup de conviction d'apporter une réponse à un problème qui a considérablement irrité les chercheurs. Sur les photos de l'autopsie de JFK, il n'existe nulle trace d'une blessure provenant d'un tir de face. Les tenants de la conspiration ont affirmé dès lors que le corps fut maquillé ou plus simplement que ces photos furent habillement truquées.

Même s'il ne faut pas exlure définitivement la culpabilité de Lee Harvey Oswald, la thèse de la conspiration reste la plus probable. Le drame pour tous les passionnés de l'affaire est qu'il n'existe pas la moindre preuve matérielle venant conforter cette théorie. Les chercheurs ont même tellement embrouillé l'affaire qu'il est devenu quasiment impossible de démêler l'inextricable écheveau. Beaucoup espèrent encore que la vérité se trouve quelque part dans les archives classées Secret défense qui ne seront accessibles que dans plusieurs dizaines d'années. Leur déception risque cependant d'être à la mesure des espoirs démesurés suscités par le contenu de ces archives. Car si réellement Kennedy fut la cible d'un complot, on imagine mal les commanditaires laisser la moindre trace écrite permettant de les incriminer.

L'affaire Kennedy est-elle condamnée à rester à tout jamais un mystère?

SOURCES

Lebeau Caroline : Les nouvelles preuves de l'assassinat de J.F.Kennedy, du Rocher, 2003
Lentz Thierry : L'affaire Kennedy, P.U.F., Paris, 1993
Pottecher Frédéric : Dallas, l'affaire Ruby, Arthaud, Genêve, 1971
Reymond William : JFK, le dernier témoin, Flammarion, Paris, 2003
Rieder Frédéric : Dallas, le dossier truqué, Famot, Genêve,1982
Smith Mattew : JFK, le second complot, Zelie, Paris, 1993

+ revues L'Histoire n°170, octobre 1993 et Historia n°684, décembre 2003

Alex42
Jeudi 4 mars 2004 à 14h02 #10094 Modification de ce message Citer ce message
Dawn, il est de bon aloi, lorsqu'on cite un site, de faire référence à son auteur et de donner la référence du site.
Alors donc il s'agit du site de Michel Leurquin (tiens, encore un belge) et l'adresse du site est la suivante: [ Lien Web ]
A noter que ce site contient les réflexions de Michel Leurquin sur d'autres énigmes historiques

Ce site est plutôt bien fait il faut le dire, et son auteur fait preuve d'un scepticisme jovial à l'égard des marchands du temple.

Dawn
Jeudi 4 mars 2004 à 23h45 #10104 Modification de ce message Citer ce message
Tout à fait d'accord avec toi Alex42... c'est vrai que j'aurais dû mettre le lien du site alors merci de l'avoir fait pour moi... et tu sais quoi? lorsque j'ai vu que c'était le site d'un belge (encore un! lol) j'ai même pensé que c'était toi!!! lol...

J'ai beaucoup apprécié la manière dont a été résumée l'affaire JFK dans ce site... c'est résumé sans parti pris... c'est clair... et je pense que ça peut aider certains visiteurs (moins experts que la majorité de ceux qui fréquentent le site) à comprendre le cheminement de cette affaire...

Par ailleurs, c'est vrai que ce site est bien fait et que l'on peut y trouver des réflexions sur d'autres sujets historiques... A voir absolument!!!

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De nombreux livres très rares sur Chapitre.com: L'homme qui crut tuer Kennedy Pierre Gosset, Renée Gosset Le courage dans la politique John F. Kennedy Le Rapport Epstein Edward Jay Epstein L'Amérique fait appel... Mark Lane La victoire de Kennedy Th. White Réduction de 5 euros avec le code "CADEAU"


Jack Ruby, John F. Kennedy, Howard Hughes, Lee Harvey Oswald, Billie Sol Estes, Sam Giancana, Bill Greer, J.D. Tippit, Fidel Castro, John Ligget, David Ferrie, Clay Shaw, Jean Hill, Lee Bowers, Earl Warren, Craig Zirbel, Frank Church, William Whaley, Betty Mc Donald, Robert F. Kennedy, Thomas Dillard, Jeane Dixon, Valery Kostikov, Edward Haggerty, Caroline Lebeau, John Gedney,...

Santo Trafficante Jr: Ce chef de la Mafia en Floride est accusé d'avoir menacé plusieurs fois la vie de JFK. Trafficante fut très impliqué dans des plans de la CIA destinés à assassiner Fidel Castro. On dit qu'il aurait...