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11 messages

Alans182
Mardi 12 février 2002 à 18h57 #2770 Modification de ce message Citer ce message
Voila je suis en train de construire un site sur l'assassinat de Kennedy...

à l'adresse([ Lien Web ])

...et je suis en train de rédiger une page sur ce qu'on pourrait appeler la "face cachée de JFK".
Si vous avez le courage de le lire, ce serait sympa de me faire part de vos suggestions, rectifications, idées ou commentaires interesants...

Merci d'avance ;-)



------------La face caché de JFK------------

John Fitzgerald Kennedy a forgé tout au long de sa vie et de sa carrière politique un véritable mythe qui exerce encore son pouvoir près de 40 ans après sa mort. Sa politique de rapprochement avec le bloc soviétique ainsi que son combat pour les droits civiques et son idéal de la NouvelleFrontière ont fait de lui un des plus grands présidents américains aux cotés de Washington, Jefferson, Lincoln ou encore Roosevelt. Au dela de ses réalisations et se son idéal, Kennedy impressionnait par sa volonté, son charisme et son charme sans pareil qui faisait de lui un etre d'exception.
Comme tout mythe, le personnage et l'histoire de Kennedy possèdent aussi leur face cachée qu'on occulte volontiers pour faire de lui une icone. Tant sur le plan personnel que politique, on ignore souvent les dessous de la vie et de la carrière de celui qui fut le premier président catholique des Etats Unis. Révélées peu à peu après sa dispariton, cet aspect de la vie de JFK a notamment inspiré le best seller très controversé de Seymour Hersh intiyulé "The Dark Side of Camelot"(la face cahcé du clan Kennedy).
A l'image de nombreux ouvrages et autres témoignages et récits, ce livre montre une autre facette de la vie du fils prodigue des l'Amérique qui est sur certains aspects moins reluisante que l'histoire officielle. Au niveau politique, on laisse trop souvent planer des clichés sur l'action de JFK qui a été parfois bien moins idéaliste qu'on veut bien le croire.


En fait, John Kennedy n'aurait jamais du faire la carrière politique qui a été la sienne et accéder au poste suprême de président des Etats Unis en 1960. Son parcours n'a en fait tenu qu'à un évènement tragique qui a ébranlé le clan Kennedy lors de la seconde guerre mondiale. Il s'agit de la mort soudaine de Joseph Kennedy Jr. dans le Pacifique a qui a mis fin aux aspirations du patriarche Joe Kennedy de voir son enfant le plus agé faire une brillante carrière politique qui aurait du le mener à la Maison blanche.

Ce désir ardent de voir sa progéniture diriger le pays provient notamment de l'échec politique de Joe Kennedy qui, par ses erreurs avait vu ses aspirations réduites à néant. Le père Kennedy avait pourtant connu durant toute sa vie un succès éclant dans les affaires (notamment dans le cinéma à Hollywood) qui lui avait permis de batir une immense fortune. Son accession au poste d'ambassadeur des Etats Unis à Londres à la veille de la seconde guerre mondiale l'avait convaincu dans son désir de grandeur politique. Cependant sa volonté de chercher un arrangement avec l'Allemagne nazie et ses critiques envers la politique étrangère de Roosevelt brisèrent net son parcours vers la présidence. Le magnat bostonien s'est ainsu vu contraint de porter tout ses espoirs sur ses enfants.
John Kennedy, surnommé Jack, qui était le garcon le plus agé du clan après Joe Jr. s'est ainsi subitement vu attribuer le role qu'aurait du jouer son frère ainé. Lancé à coups de dollars et aidé par les relations de son père, John Kennedy réussit sans aucune difficulté à rentrer à La Chambre des Représentants en 1946 puis au Sénat en 1952.

C'est vers cette époque que JFK publie son ouvrage "Profiles in Courage" qui lui vaudra le prix Pulitzer. Il faut dire que son père achetait des millier d' exemplaires pour que le livre soit un succès et qu'il reste parmi les best sellers.On retrouve à travers cette exemple la tendance de Joseph Kennedy à jouer de sa fortune pour arriver à ses fins. Des 1946, il avait fourni des centaines de milliers de dollars en pots de vins et autres dépenses électorales pour garantir le succès de son fils John dans la course à La Chambre des Représentants dans sa région natale de Boston.
Politicien au charisme sans pareil et au charme irrésistible, Kennedy ne pouvait se contenter de parcourir le pays pour s'attirer les faveurs de la population pour parvenir à remporter le duel pour la présidence contre Richard Nixon, candidat républicain et vice président de Dwight Eisenhower. Afin d'assurer le succès de son fils, Joe kennedy n'hésitera pas arroser généreusement les autorités locales de différents états clés lors de la course à l'investiture démocrate qui verra JFK triompher.
Par la suite, Kennedy remportera l'élection de 1960 par la plus petite des marges (on parle de 118 000 voix) face à Nixon. La encore les témoignages collectés depuis près de 35 ans donnent une vision beaucoup moins idéaliste de cette victoire au couteau.La thèse d'un accord entre Joe kennedy et le parrain de la Mafia de Chicago Sam Giancana visant à faire élire JFK revient très souvent pour expliquer le déroulement de cette élection. Alors que la marge entre les deux prétendants se limitaient à quelques milliers de voix dans de nombreux états, le succès de John Kennedy dans l'Etat de l'Illinois (dont la capitale est Chicago)est démesuré en comparaison.
En échange de l'aide de la toute puissante Mafia qui exerce une influence sans commune mesure à cette époque aux Etats Unis, Joe kennedy aurait promis une politique accomodante de son fils une fois élu à la Maison Blanche envers la Mafia et ses dirigeants qui étaient harcelés par le FBI depuis quelques temps.
Le père Kennedy qui était très lié au milieu du crime organisé notamment au temps de la prohibition durant les années 30 ou il avait participé activement à la contre-bande d'alcool était conscient du pouvoir de la Mafia qui exercait une influence certaine sur les syndicats et les entreprises et qui pouvait assurer le résultat d'une election. Cette thèse corroborée par de nombreux témoins a également inspiré un ouvrage à deux proches du parrain Sam Giancana , livre qui relate la vie de ce truand sanguinaire d'orignie sicilienne depuis ses débuts de tueurs à Little Italy à son accession au rang de patron incontesté de la Mafia de Chicago. Intitulé "Notre homme à la maison blanche", ce livre démontre bien le role prépondérant de la mafia dans l'accession de JFK à la présidence.
Malheuresement pour Giancana, leur "homme à la maison blanche" ne respectera pas cet engagement puisque, par l'intermédiaire se son frère Robert Kenned qui a été nommé General Attorney (ministre de la justice), sera mené la plus importante campagne anti-pègre de l'histoire américaine. Dans un enregistrement réalisé par le FBI en Décembre 1961, Giancana confie à des associés que les Kennedy n'ont pas tenu la parole de leur père.
Il convient de souligner le role primordial de Robert Kennedy joué auprès de JFK pendant sa présidence. Bobby a toujours tenté de protéger son frère ainé de ses adversaires mais aussi des conséquences des frasques de John qui pouvait à tout moment porter atteinte à sob image. En effet les laisons de JFK avec de nombreuses femmes telles Marilyn Monroe pouvaient ruiner l'image idéaliste qu'on avait de JFK. Bien qu'il n'ait jamais été homme de loi, Robert Kennedy obtiendra le poste de clé de ministre de la justice qui lui donnera un pouvoir important pour garder hors d'atteinte les secrets du président et controler le FBI et sa collection d'informations nuisibles à JFK détenus par son célèbre patron J. Edgar Hoover.
Bobby Kennedy héritera également de la lutte contre Fidel Castro et son régime communiste à Cuba. Après l'échec cuisant du débarquement de la Baie des Cochons en Avril 1961 qui visait à renverser Castro par un débarquement d'exilés cubains anti-castristes soutenus par la CIA(service secret américain), le gouvernement Kennedy décide de changer de politique vis à vis du régime castriste. Bien qu'il endosse publiquement l'echec de cette opéation prévue de longue date sous la présidence d' Eisenhower, JFK prétend en privé que la CIA lui a menti et désire ardemment la détruire "en mille morceaux".
Dorénavant priorité sera donné aux actions ponctuelles de guérrilla contre Cuba. C'est dans cette logique de destabilisation que se met en place une opérration sans précédent visant à se débarasser du révolutionnaire cubain. Le sud des Etats Unis et notamment la Louisiane et la Floride voient se multipilier les camps d'entrainements clandestins rassemblant anti-castristes convaincus, membres d'organisations d'extreme-droite anti-communiste et membres de la mafia sous la protection du gouvernement Kennedy qui agit par l'entremise de la CIA. La Mafia et le gouvernement collaborait activement pour éliminer Castro. En effet la Mafia avait beaucoup perdu avec la révolution cubaine de 1959 qui a mis fin à ses activités illégales très juteuses comme les casinos qui faisaient de Cuba un eldorado et une source de profit considérable.
Révelées dans les années 70, cette collaboration étroite ente la mafia et la CIA s'intégrait dans le plan d'action secret Mangouste décidé par les Kennedy. La fameuse crise des missiles qui éclate en Octobre 1962 est une conséquence de ce plan de subversion. En effet les dirigeants soviétiques ont vent de cette opération et intensifie leur assistance à leur petit frère cubain notamment au niveau militaire. Nikita Khrouchtchev, premier secrétaire du Parti communiste et dirigeant de l'URSS depuis la mort de Staline, menace directement les USA d'une attaque nucléaire en cas de nouvelle tentative de renversement du régimede Fidel Castro.
Alors que les avions espions américains révèlent la présence de sites d'installation de missiles sur le sol cubain, l'embargo total est décidé par Washington alors que la force nucléaire américaine est activée et prête à répondre à toute attaque soviétique intensifiant par la meme le risque d'un terrible conflit nucléaire.
Malgré l'accord de dernière minute conclu entre les deux pays le 28 Octobre 1962 qui fait de Kennedy un héros, il faut savoir que c'est la politique qu'il a lui meme décidée qui a provoqué cette crise majeure. L'installation des missiles russes n'étant qu'une réponse aux menaces que faisient pesées l'opération Mangouste sur Cuba.
Néanmoins cette crise aboutira au démantèlement des sites militaires soviétiques sur l'ile et à la promesse de JFK de ne plus tenter d'intervention contre le régime de Fidel Castro. En fait il semble que JFK décide de changer radicalement de politique vis à vis du voisin cubain. Dans la perspectice de la prochaine élection, Kennedy pense qu'il faut renouer le dialogue avec Castro afin d'éviter le risque de guerre nucléaire. Lors de la crise des missiles, JFK avait montré vigoureusement sa volonté de ne pas céder face aux "faucons" du gouvernement et de l'armée qui pronaient l'usage de l'arme nucléaire. Plusieurs projets sont dès lors entrepris pour renouer le dialogue avec Cuba.
Ce revirement politique signe donc l'arret de mort du plan secret contre Cuba comme le montre les interventions du FBI qui, sur ordre de Washington, procède à la fermeture de camps (comme celui de No Name Key en Floride en Mai 1963). Le camp de Lake Ponchartrain proche de la Nouvelle Orléans(Louisiane) qui était fréquentés par de nombreux suspects dans l'assassinat de JFK et selon toute vraisemblance par Lee Harvey Oswald en personne est également soumis à la perquisition des agents fédéraux.
Cette volte face de JFK et de son frère Robert intensifie la colère de certains membres de la CIA qui avaient deja payés les frais du désastre de la Baie des cochons.Certain d'avoir été trompé par l'agence, John Kennedy n'avait pas hésité à renvoyer les principaux dirigeants de la Central Intelligence Agency en poste depuis des années tels Allen Dulles (qui fera parti de la Commission Warren), ou Richard Bisell qui s'occupait des opérations contre Cuba. Le revirement soudain de politique accentue les rancoeurs contre un président qui cherche en parrallèle à saper le pouvoir de l'agence.

Ce désir de parier sur la paix de JFK qui s'est matérialisé entre autres par le dégel des relations avec l'URSS aurait peut etre pu donner une autre tournure aux évènements en Asie du Sud Est et plus exactement au Viet Nam.
Bien qu'impliqué depuis plusieurs années dans les tensions entre le Vietnam du Nord pro-communiste et le Vietnam du Sud soutenu par Washington, les USA ne se sont pas engagé massivement sur le plan militaire en dépit de l'envoi d' instructeurs et autres miliraires chargés d'encadrer les forces armées de leur allié du sud mais aussi de la présence de la CIA.
Vraisembablement JFK ne souhaitait pas une intervention directe de son pays au Vietnam. En effet ne déclarait il pas quelques mois avant son assassinat: "C'est leur guerre, c'est à eux de la gagner ou de la perdre". On sait également que le président catholique avait signé un mémorandum qui prévoyait le retrait d'un millier de soldats US à court terme. Pour beaucoup de chercheurs, historiens et à l'occasion cinéaste comme Oliver Stone, le réalisateur du film JFK et ancien du Viet Nam, cette mesure n'était que le premier pas d'un retrait américain qui aurait ainsi éviter le conflit sanglant que l'on connait et par la meme les 59000 soldats américains tués en Asie du Sud Est.
On ne peut bien sur pas refaire l'histoire et se perdre en conjectures hypothétiques. Néanmoins nous pouvons etre sur d'une chose. Moins d'une semaine après l'assassinat de Dallas, le successeur de Kennedy, Lyndon Baines Johnson annule ce Mémorandum de retrait. Quelques semaines plus tard, l'accident du golfe du Tonkin donne un prétexte aux Etats Unis et à Johnson pour basculer véritablement dans le conflit et s'engager massivement au Viet nam.
En dépit des milliers morts et des horreurs, le complexe miltaro-industriel américain se frotte les mains. Les débouchés de la guerre sont énormes ce qui évitera à de nombreuses firmes d'armement controlées pour certaines par la CIA de connaitre la faillite qui se profilait.

Voila voila. Merci d'avoir tout lu.
J'attends vos réactions...

payoulo
Mardi 12 février 2002 à 21h08 #2771 Modification de ce message Citer ce message
Alans 182, je trouve ton texte plutôt intéressant. deux ou trois remarques :
-La déclaration "c'est leur guerre, c'est à eux de la gagner ou de la perdre" est faite au cours d'une interview plutôt ambigüe où Kennedy justifie à la fois le maintien et le retrait des troupes, ambiguïté de rigueur en période électorale ! Si j'ai le temps, j'assayerai de retrouver les références de cette interview, mais il me semble que c'est en septembre 1963.
-bien que je ne sois pas expert en la matière, permet-moi de te mettre en garde contre les fautes d'orthographe. Tout d'abord les accents circonflexes sont absents. puis, j'ai noté dans le désordre, "pots-de-vin" (sans "s" à vin), "années 30 où il avait" (accent sur le "ù"), "priorité sera donnéE", "sera menéE la", "contrebande" (sans tiret), "origine", "à son image" (et non "sob"), "les USA ne se sont pas engagéS", "la mafia et le gouvernement collaboraiENt", "son charisme et son charme sans pareil qui faisaiENt", "aux menaces que faisaient pesER". Voilà, même si la forme n'est pas aussi importante que le fond, je pensais que ces remarques pouvaient t'intéresser.

Teigne warreniste
Mercredi 13 février 2002 à 02h20 #2772 Modification de ce message Citer ce message
Certains murmurent que c'est Ted Sorensen qui aurait dû recevoir le Pullitzer pour "Profile in Courage"...

L'interview où JFK tient des propos ambigüs sur le Vietnam est celui du Labor Day 1963 ( lundi, 2 septembre 1963) avec Walter Cronkite.

So What
Mercredi 13 février 2002 à 02h23 #2773 Modification de ce message Citer ce message
Quelques compléments d’info sur Joe Kennedy et son ascendance:

Patrick Kennedy, né en 1823 dans une famille catholique, émigre de l’Irlande pour les Etats-Unis à l’age de 26 ans. Il débarque à Boston en 1849 et s’établit comme tonnelier au sein de la forte colonie irlandaise de la ville. Il décède du choléra en 1858, 10 mois après la naissance de son fils Patrick Joseph.

Patrick Joseph Kennedy apprend vite à se débrouiller seul et aide sa mère et ses quatre soeurs aînées à subvenir aux besoins de la famille. A l’âge de 22 ans, il n’hésite pas à racheter un saloon délabré et fait prospérer son commerce jusqu’à devenir quelques années plus tard, l’un des plus importants cabaretiers d’une ville qui en compte pourtant beaucoup. Grâce à cette réussite, P.J. Kennedy devient une notabilité politique locale de premier plan et reste pour l’éternité, le premier des Kennedy à avoir été élu Sénateur du Massachusset, en 1886, soit deux ans avant la naissance de son fils, Joseph Patrick dit “Joe”. Membre éminent du Parti Démocrate de l’époque et représentant lobbyiste et populiste de la communauté irlandaise de Boston, P.J. Kennedy ne connaît qu’un seul échec électoral, en 1918, à la suite duquel il se retire de la vie politique.

Si P.J. Kennedy n’est jamais devenu maire de Boston, c’est parce qu’un autre jeune sénateur du Massachusset, John F. Fitzgerald, prend la place et devient en 1905 le premier maire de Boston dont les parents soient nés en Irlande. “Fitzie” (avec l’âge, son surnom deviendra “Honey Fitz”) est un animal politique de première bourre au bagout naturel et imagé. Légendaire inventeur de la “poignée de main irlandaise” qui consiste à serrer la main de quelqu’un en parlant à un autre, son éloquence fait tellement fureur qu’elle est affectueusement rebaptisée le “Fitzblarney”, en français le “Fitzblabla”...
Battu aux élections municipales de 1914 par James Curley, Fitzie reste jusqu’à la fin de ses jours en 1950, un personnage politique haut en couleurs et surtout, devient un grand-papa gâteau avec une affection particulière pour Jack, ce petit-fils dont il n’oublie jamais de souligner que s’il est un Kennedy, il est aussi un Fitzgerald...

Joseph Patrick Kennedy naît en 1888 et ses prédispositions pour les études ne tardent pas à lui réserver une place privilégiée au sein de la famille. Joe est travailleur, doué d’un grand sens de l’inititative et d’un redoutable esprit compétiteur. Ne profitant pas d’une situation sociale plutôt privilégiée, il cumule les jobs à ses cours à l’université. Par exemple, il monte avec 300 $ une agence touristique en autocar qui lui rapporte 5000 $ à la fin de ses études. C’est pourtant à Harvard qu’il connait une frustration qui le marque à jamais: son entrée au Country Club lui est refusé en raison de sa religion catholique, de son ascendance irlandaise et du métier de son père: tenancier de bar... “Tout ce qu’ils comprennent, c’est l’argent” maugrée Joe qui retient la leçon.

A la fin de ses études, Joe entre à la Columbia Trust (la banque irlandaise de Boston) menacée de rachat par la First National. A coup d’emprunts, d’ordres aux porteurs et de bluffs à tout va, il contraint en quelques mois la First National à abandonner son projet. Grâce à ce succès, Joe est nommé à 25 ans, directeur de la Columbia Trust et devient le plus jeune directeur d’une banque des Etats-Unis. La presse s’intéresse au phénomène et il répond: “Je veux être millionnaire avant trente-cinq ans”. Partageant dès lors sa vie entre Boston et New-York, il arrive à ses fins en 1924 en soutenant les cours de Hertz (les fameuses locations de voitures) et devient même multimillionnaire dans cette opération.

Entre-temps, au cours de l’année 1914, Joe se marie à Rose Fitzgerald, la fille du maire de Boston, et fonde une famille qu’il choiera jusqu’à sa mort. Il continue aussi d’aider à développer les activités de son père dans la vente et distribution d’alcools et spiritueux jusqu’à la promulgation de la prohibition en 1920. Joe profite bien sûr des 13 années du 18e amendement pour faire encore plus d’affaires, de rencontres et d’envieux...

Mais le plus gros coup de fric de Joe, c’est le krach de 1929. Jeudi noir pas pour tout le monde et quand l’Amérique est déclarée en faillite, il a plus que doublé son magot... Dès lors, Joseph Kennedy devient un personnage incontournable à Boston autant qu’à Wall Street mais c’est Washington qui l’attire et il déclare que “le futur c’est la politique”. Sa fortune et ses talents sont mis à contribution pour les campagnes de Roosevelt qui le récompense en 1938 avec le poste dont il rêvait: Ambassadeur à Londres auprès de la famille royale ! Et toc pour les anciens du Country-Club...

En Angleterre, l’Ambassadeur n’oublie pas qu’il reste un homme d’affaire et profite de son poste privilégié pour continuer à pratiquer l’art du délit d’initié. Mais arrivé à Londres avec l’espoir d’asseoir sa notoriété pour de futures élections présidentielles américaines, Joe Kennedy voit sa popularité auprès de la famille royale décroître aussi vite qu’elle est venue alors que ses prises de position isolationnistes et antisémites le coupent du peuple américain après l’entrée en guerre des Etats-Unis. Joe est tout de même un sacré papa puisque Jack écrit sur ses conseils “Why England slept”, un traité soutenant une politique en tout point contraire à celle qu’avait proné l’Ambassadeur Joe Kennedy...

Enfin Joe le jeune est sans doute décédé car son jeune frère Jack était préalablement devenu sur le PT 109, un véritable héros de guerre américain. Bien marketée par Papa, son aventure est alors abondamment relayée par les médias. Joe Jr ne peut pas supporter cette humiliation, lui qui est né pour être le premier et le meilleur, alors il se porte volontaire pour une opération quasi-suicide qui consiste à bombarder des rampes de lancement de fusées V1 derrière les lignes allemandes. Joe le père pleure beaucoup en apprenant sa mort un dimanche d’août 44 à Hyannis Port, mais à partir de cet instant décide de tout miser sur Jack...

La plupart de ces infos sont issues du remarquable ouvrage de Peter Collier et David Horowitz, “Les Kennedy, une dynastie américaine” dont je ne saurais trop recommander la lecture.

So What
Mercredi 13 février 2002 à 20h40 #2780 Modification de ce message Citer ce message
Citation: Le 2002-02-12 18:57, Alans182 a écrit: Voila voila. Merci d'avoir tout lu.
J'attends vos réactions...

J’ai écrit ce préambule sur Joe Kennedy car si le sujet me passionne, je considère que “La face cachée du clan Kennedy” est un best-sellers certes rigolo, mais qui ressemble plutôt à une entreprise de démolition systématique qu’à une biographie sérieuse et profonde sur la véritable histoire des Kennedy.

A propos de votre texte, voici mes remarques:

En 1946 , Joe n’a fait que récupérer pour Jack la circonscription d’East Boston dont son père P.J avait été l’élu pendant des dizaines d’années. Les Kennedy n’avaient pas tant besoin d’arroser que d’activer leurs nombreux réseaux de relations à Boston et de mettre dans la balance tout le poids, politiquement énorme, du grand-père de Jack, John F. Fitzgerald surnommé par les bostoniens “Honey Fitz”. Jack qui portait le nom de Fitzgerald et de Kennedy a gagné dans son jardin avec une campagne “irlandaise” à l’ancienne, mais la corruption de cette élection ne fut certainement pas pire que d’autres à la même époque. C’est aussi de cette circonscription que Ted Kennedy est le représentant depuis quarante ans, et sans doute était elle secrètement dévolue à John-John si celui-ci plutôt que périr dans un accident d’avion, s’était lancé en politique...

En 1960, l’équipe Nixon comptait elle-même sur l’appui de la mafia et ne s’était pas gêné d’arroser, bien avant Joe, les boss de Chicago. Mais Joe le père était bien plus malin et il a non seulement reçu l’appui de Giancana et des autres, mais aussi leur soutien financier ! Jack n’a pas donné d'argent à Mooney mais au contraire, en a reçu. Ajoutons que Jack, autant devant la mafia que dans les médias, n’a cessé de se plaindre tout au long de la campagne électorale de la mollesse hésitante de Nixon sur la question cubaine. Et c’est dans les Etats du Sud (dont la Louisiane et le Texas) que Jack a fait la différence pour remporter l’élection...

Le changement d’orientation sur la question cubaine dans la politique des Kennedy ne date absolument pas de l’échec de la Baie des Cochons mais de la Crise des missiles. Ce n’est qu’après octobre 62 que l’on peut ressentir quelques nuances dans la politique américaine vis-à-vis de la révolution castriste. Mais auparavant, c’était sabotage et terrorisme à tout va sous le très haut patronage de Bobby...

Il convient aussi de rappeler que c’est tout de même JFK qui a envoyé les premiers instructeurs militaires américains au Vietnam en 1961, que les causes de cette guerre furent profondes et non superficielles, et que l’annulation du NSAM 263 par le NSAM 273 avait été approuvée par JFK de son vivant, comme il est déjà rappelé ici.

Jack était un formidable séducteur, doué d’un charme auquel les plus belles femmes du monde ne pouvaient rester insensibles, ce qui a pu lui causer quelques ennuis... Pour moi, il est le premier homme politique du siècle qui ait si bien compris le pouvoir de l’image, qu’elle soit publicitaire ou télévisuelle. Il était à bonne école avec Papa Joe, l’un des “batisseurs” d’Hollywood, qui n’y a pas fait fortune (à peine quelques milliers de $ de bénéfice, ce qui n’est rien par rapport aux millions de $ engrangés durant la prohibition et surtout aux dizaines de millions de $ ramassés à Wall Street et autres places boursières), mais Joe avait compris dès le début que le cinématographe était l’une des plus grandes inventions du siècle, doué d’une attractivité sans limites.

Enfin, les amours de Jack et Marilyn Monroe, Gene Tierney ou Angie Dickinson ne sont rien par rapport à celui de Joe pour Gloria Swanson, la plus grande star féminine du muet, actrice prodigieuse ruinée par l’arrivée du parlant et la pingrerie de son amant. Lors d’un fabuleux come-back en 1950, dans le film de Billy Wilder “Sunset Boulevard” où Gloria joue son propre rôle, quand elle descend seule le grand escalier avec une classe vertigineuse sous les yeux embués d’un Eric Von Stroheim aussi génial que vieillissant, c’est toute la trahison de Joe Kennedy, un infâme navet nommé “Queen Kelly” et l’immense nostalgie de l’ancien Hollywood qui descend dans sa traîne...

Alans182
Mercredi 13 février 2002 à 23h23 #2781 Modification de ce message Citer ce message
Merci bien de toutes ces informations très interessantes "SO WHAT". Je vais tacher d'en tenir compte pour mon site.
Ciao.

So What
Jeudi 21 février 2002 à 01h47 #2851 Modification de ce message Citer ce message
Sorry, j'ai fait une petite erreur dans mon message précédent:

John Jr, le fils de JFK décédé avec sa femme et sa belle-soeur dans un accident d'avion en 1999, n'aurait pas visé l'investiture à Boston mais plutôt à New-York où il résidait depuis longtemps. Des approches avaient été faites par le parti démocrate pour l'année 2000 mais John John n'avait pas donné suite devant les réticences de sa femme. Au moment de sa mort, il se battait auprès des investisseurs pour tenter de sauver de la faillite son journal people "George" après le désengagement d'Hachette-Filipacchi.

lho
Vendredi 1er mars 2002 à 14h56 #2939 Modification de ce message Citer ce message
Une question à propos de John John, à t-on saboté le Cessna, le complot perdurerait-il à travers les générations? :-)

poukee
Vendredi 1er mars 2002 à 18h42 #2940 Modification de ce message Citer ce message
Vous trouvez pas que vous exagérez un peu , je suis d'accord que Jfk n'est pas le roi Arthur et que des conneries il en a fait des tas (mais c le cas de tant de gens et meme de tant de président , Nixon , Clinton..)
Le livre le face cachée du clan kennedy est tout de meme entièrement destiné à casser le clan (venant d'un auteur qui s'est plus tard attaqué peut etre avec raison à la famille Bush). C'est un peu trop subjective pour le prendre comme exemple , meme si c un bon divertissement pour la plage !!!

So What
Vendredi 1er mars 2002 à 23h59 #2942 Modification de ce message Citer ce message
Citation: Le 2002-03-01 14:56, lho a écrit:
Une question à propos de John John, à t-on saboté le Cessna, le complot perdurerait-il à travers les générations? :-)

Certains “conspirationnistes fous” le soutiennent mais franchement, j’ai du mal à le croire. John John était l’un des hommes les plus remarquables de la dynastie Kennedy mais sa passion pour l’aviation lui a fait prendre trop de risques:
- Ce n’était pas encore un pilote très expérimenté, il avait obtenu son permis l’année précédente et comptait peu d’heures de vol sans instructeur à ses cotés.
- Il est parti à la nuit couchante avec une météo très incertaine. Les lois européennes, plus strictes qu’aux Etats-Unis, n’auraient pas autorisé un tel décollage dans ces conditions.
- Quelques semaines auparavant, un accident d’ulm lui avait brisé la cheville et il venait juste de se faire retirer son plâtre.

Très bon dossier sur l’accident par Boston.com
Le Piper Saratoga II HP (John John s’était offert la version de 96)

Loin d’être insouciant, John Jr n’en restait pas moins un Kennedy: un type (trop?) sûr de lui et de ses capacités à traverser le danger et les épreuves.
Dommage car le fils de Jack était doué d’une grande richesse intérieure et intellectuelle, capable de passer incognito pour aller écouter du bon blues rural dans un bar du Sud profond ou alors de visiter Cuba pour son magazine “George” et interviewer Fidel Castro...

lho
Samedi 2 mars 2002 à 10h40 #2945 Modification de ce message Citer ce message
Pour So What :

Bien sur, j'ai lancé cette question sous forme de boutade, je n'aurais jamais imaginé que certaines personnes crient au complot.

Il est évident que c'est un banal et triste accident comme tant d'autres dans l'aviation légére.

Au fait merci pour les renseignements sur l'avion, j'étais persuadé que c'était un Cessna.

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De nombreux livres très rares sur Chapitre.com: Les assassins de Kennedy Thomas Buchanan 400.000 dollars pour abattre Kennedy à Paris Camille Gilles John Kennedy, un homme de bonne volonté Marcel Lecomte Comment ils ont tué Kennedy Michaël Eddowes Les assassins de Kennedy Richard H. Popkin Réduction de 5 euros avec le code "CADEAU"


Jack Ruby, John F. Kennedy, Howard Hughes, Lee Harvey Oswald, Billie Sol Estes, Sam Giancana, Bill Greer, J.D. Tippit, Fidel Castro, John Ligget, David Ferrie, Clay Shaw, Jean Hill, Lee Bowers, Earl Warren, Craig Zirbel, Frank Church, William Whaley, Betty Mc Donald, Robert F. Kennedy, Thomas Dillard, Jeane Dixon, Valery Kostikov, Edward Haggerty, Caroline Lebeau, John Gedney,...

Santo Trafficante Jr: Ce chef de la Mafia en Floride est accusé d'avoir menacé plusieurs fois la vie de JFK. Trafficante fut très impliqué dans des plans de la CIA destinés à assassiner Fidel Castro. On dit qu'il aurait...